mercredi 17 janvier 2007

Refusé!

Je rêve depuis déjà longtemps que la vie m'accorde le privilège de vivre le bonheur d'être père plusieurs fois je l'espère. Je veux que ça grouille, que ça se chicane, que ça chahute, que ça vive quoi! Mais puisque je suis pas même foutu de fréquenter personne, que les quelques mamans que j'ai pu fréquenter ne m'ont jamais considéré suffisamment pour me présenter à leurs enfants, et puisque je ne suis assurément pas près de voir la tête des miens, j'ai eu l'idée géniale, cette année de devenir grand frère.

Après quelques démarches bien concrètes ces dernières semaines, aujourd'hui, j'ai appris une nouvelle très décevante. Je ne serai pas accepté. Aie-je été trop honnête avec le questionnaire? C'est vrai, j'ai beaucoup plus de mauvais jours que de bons dans un ratio de huit pour un. Mais je suis convaincu que devant un petit bonhomme qui compterait sur moi quelques heures par semaine ou par deux semaines, je trouverais tous les sourires et l'énergie nécessaire pour faire avec lui tout un tas de trucs trippants et passer de bons moments. L'éclat dans mes yeux alors que je confiais toutes mes idées au responsable n'aura pas suffi. Je n'abandonne pas tout à fait, mais j'en suis vraiment très déçu. Ça me tenait vraiment à coeur. C'était ça mon plan B.

Le temps file et m'est compté. Bien sûr dit-on l'homme peut encore procréer jusqu'à soixante ans. Mais ceux-là mêmes qui rappellent ce fait bête songent-ils vraiment à ce que ça veut dire être père, je veux dire concrètement, si on a à coeur la réussite du projet de devenir parent? J'ai en tête autre chose que la vie d'empereur où alors devenir père ne se limitait qu'à fournir une quantité de sperme à l'une ou l'autre des concubines de la cour.

Primo, un enfant ne se fait pas tout seul mais bien avec une compagne. Une compagne pour qui on aura amour, complicité et admiration. Lorsque j'aurai quarante ans, je ne me vois pas du tout avec une jeune femme de quinze ans ma cadette. Les choses étant ce qu'elles sont, à quarante ans, j'en paraîtrai probablement près de cinquante, je ne me vois pas séduire d'aussi jeune femme rendu là. Et puis même si cela était à ma portée, le voudrais-je vraiment? Je ne crois pas.

Secundo, j'ai envie d'avoir l'énergie, la patience et l'enthousiasme de pouvoir encore m'amuser, jouer avec mes enfants. Le plus vieux je les aurai, le moins il m'en restera. Tout petit, je n'ai pas eu de père. Il n'y avait que de vieux messieurs qui passaient dans la vie de ma mère absente. Lorsqu'ils essayaient de s'amuser avec moi, deux générations nous séparaient et il était clair qu'ils n'avaient plus ni l'énergie ni la patience que pouvait nécessiter un gamin, pourtant tranquille, de six ans. J'envie tous les jours, lorsque je les croise, ces jeunes pères encore dans la vingtaine qui traînent leur bambin par la main au coeur de la ville et des dédales du métro.

En résumé, si l'on est réaliste, le temps est aussi compté pour un homme.