Journée grise...
L'euphorie d'hier matin, ne m'aura pas survécu jusqu'à mon levé. Un autre épisode d'insomnie en sera finalement venu à bout. Malgré toute ma bonne volonté de retrouver un horaire du temps plus normal, je ne suis pas épargné cette nuit, il est déjà passé quatre heures du mat, je ne trouve toujours pas la paix de m'endormir.
Allongé de tout mon long les mains sur la poitrine, je compte les étoiles au plafond ( eh oui, faute d'amies et d'étoiles à qui parler la nuit venue – pollution lumineuse – j'en m'en suis collé une centaine. Toutes phosphorescentes, elle se recharge le jour et m'accompagnent un peu la nuit.). L'esprit n'ayant rien d'autre pour s'occuper, il sombre alors dans le songe qui ronge et mine même l'humeur la meilleure. Alors passent en rafale, ces bouts de vies toujours tristes. Pourquoi donc les meilleurs ne sont-ils jamais au programme au fait? Sûrement le sont-ils, mais habituellement suivi de ce qu'y leur a mis fin...La bobine, ne s'usant malheureusement jamais, ils passent et repassent sans arrêt, devenant un peu plus lourd à chaque représentation. Mais surtout, ils rongent et minent la bonne mine. Je ne m'endors toujours pas, je devrai attendre l'exténuation totale avant de m'évader et brisé ce triste sortilège de fin se soirée. Il est cinq heures maintenant, enfin mes paupières se font lourdes...
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Faute d'un véritable sommeil de qualité, le réveil se fait avec des piles qui n'ont pu vraiment se recharger. L'énergie faisant défaut, l'humeur concède déjà la défaite du jour. Cette même bonne humeur nécessaire à quelques changements positifs dans une existence depuis déjà trop longtemps privée de couleurs, partagée entre la nuit et ses teintes de gris.
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Si je n'irai pas au bureau aujourd'hui, je n'en ai pas moins besoin de travailler sur mes projets avec sérieux et application, le vingt-deux janvier, date d'échéance, viendra bien assez tôt. S'il m'est pas pas possible de produire sur demande, je dois alors capitaliser sur ces moments où l'esprit plus clair, j'arrive à me concentrer et produire ces bouts de code froids et sans histoire. Je dois maintenant m'asseoir devant, l'ordinateur, pour y travailler, revêtir le costume et me concentrer...
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Ça ne me dit pas, je n'y arrive pas, la concentration est impossible. J'ai découvert le plaisir, non coupable, d'écrire un peu. Et chaque ligne de code m'éloigne un peu plus de l'imaginaire tout exquis et du simple plaisir de communiquer. Question d'échapper à un autre effet pervers, celui des quatre murs de mon appartement, je vais tenter de travailler depuis un autre endroit...
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C'est donc au monstrueux emblème, celui tuant la concurrence et bien de jolis petits cafés sympathiques jusque dans la Vienne la plus pittoresaque, que j'atterris rue St-Denis. Beaucoup d'humains y sont occupés, dont beaucoup d'humaines très jolies, mais aujourd'hui mon aura ne me vaudra de toute évidence aucun sourire. Essayons plutôt de nous concentrer un peu...
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À tient, il y a internet sans fil...échappons quelques instants, à ces mornes lignes de code ne n'accordant pas à effectuer ce que j'attends d'elles aujourd'hui...
Envolons-nous plutôt. Chaque survol, de la bloguosphère, a cet effet pervers sur moi. Ils me surligne en jaune bien éclatant à combien d'années-lumière mon propre univers se trouve de la majorité de ces univers sur lesquels je peux jeter un oeil. Si leur vie est autrement comblée de part et d'autre, je ne compte pour ma part sur aucun amis, ou attention d'aucune nature. Il n'y a que par le biais de cette tribune, par l'entremise de quelques mots alignés, souvent au prix d'effort considérable, que je garde un peu contact avec un monde avec lequel je n'arrive autrement pas à me connecter. N'ayant qu'un univers triste, je n'ai comme sujet pour écrire que sa chanson tout aussi triste. Il est difficile d'élaborer sur ce qui nous est inconnu. J'aimerais trouver une âme charitable pour m'apprendre le plaisir, et la légèreté, le moment présent. Je ne sais en revanche, pas ce que j'aurais à offrir en échange contre d'aussi précieux cadeaux. Je réalise aussi le problème de me centrer autant sur mon petit cas, j'en viens à ne plus connaître que ça, oubliant qu'au-delà de ma petite personne le monde tourne lui avec ces hauts et ces bas.
Soyez certain, que chaque petit commentaire, aussi simple et insignifiant soit-il est apprécié comme il se doit. Ils sont pour moi ces uniques marques d'attentions, les seules étreintes, les seules sur lesquelles se maintient la créature, le loup solitaire affamé d'un peu plus que d'eau tiède.
Mais vous savez, ça passera, ça finit toujours par passer. Voyons voir ce que demain nous réserve. C'est peut-être là le problème en fait. On en vient à paresser et attendre que ça passe, gaspillant par le fait même ces précieuses secondes de vie qui nous ont été données à la naissance...
Pardonnez-moi, de miner sans doute, aussi votre humeur, par la lecture de tout ceci.
Faute de trouver plus de sourire, fouinant pour trouver une image, un tout petit soleil, je tombe sur ceci qui m'arrache finalement un demi-plissement de lèvre :)
Aristote, déjà, avait établi un lien entre le tempérament mélancolique et le génie, et la Renaissance avait hérité de cette représentation...