dimanche 31 décembre 2006

Naissance de la créature

Les débuts sont remplient de promesses et laissent presque toujours entrevoir un avenir faste aux possibilités infinis. Le docteur les redoutes tout autant que les fins. Car les possibilités sembles trop souvent s'envoler au fur et à mesure que se succèdent les chapîtres.

...

Après une série de nuit blanches et d'interminables préparatif savament calculté, le docteur est impatient sa créature ouvrira les yeux dans un instant. Ayant reçu en héritage la somme de tous les maux et gènes brisés de la terre, ainsi que quelques lambeaux de chair du docteur, la création hideuse s'anime enfin dans une gerbe d'éclair, de spasmes, de contorsions et de cris stridents. Dans sont berceaux de fer, hérissé de pointes tâchées pourpres de sang, la vie déjà marque au fer ses balafres, cette créature qui partira bonne dernière. Hideuse certes aux yeux de tous sauf des siens, le docteur n'en est pas moins larme et ne peut contenir le bonheur qui le submerge de voir la chair de sa chair lui soutenir interrogatif et curieux. Le docteur retire doucement la chose dégoulinante de son sinistre berceau pour la porter contre lui tendrement.

Il y a peine deux minutes que la créature à forcé la vie à lui donner sa chance et déjà ces jours sont compté, pour elle déjà moins de six mois comme le stipulait les modalités de l'expérience.

Dans une inspiration toute spontanée, le docteur récite à demi-voix :

Bienvenue mon enfant.
J'attendais ta venue depuis si longtemps.
Du corps unique que nous faisions,
Deux entités distinctes nous seront.

Comme il me tarde,
de te voir grandir et faire tes premiers pas dans la vie.
Découvrir qui tu es, et apprendre de celui que tu deviendras.
Peut importe le mal, mon amour sera inconditionnel.
Car je suis ton père et pas une seconde,
Je ne cesserai de t'aimer.
Je te demande humblement d'accepter celui que je suis,
Dans toute ma force et ma faiblesse.

Au même instant, de l'autre côté de la terre, sur un autre continent,
une mère, visite son fils en prison. Ils ne se sont pas vus depuis plusieurs années:.

Tu es né en déchirant mes entrailles,
M'as cassé les oreilles par mille fois,
Privé de nombreuses nuits de sommeil,
Compromit une carrière prometteuse,
Fais perdre quelques rêves et illusions,
Et là aujourd'hui encore, tu coupes les ponts,
Et me brise le coeur.
Si ta venue au monde fut au prix
D'atroces douleurs de mon corps déchiré,
Elles ne seront que naines,
Si tu je devais me précéder dans la mort.
Je suis ta mère,
et jamais une seconde,
Je n'ai cessé de t'aimer.
Je te demande humblement d'accepter celle que je suis,
Dans toute ma force et ma faiblesse.